12.


Le lendemain matin, elle décida donc de se rendre au Domaine Faivre ; en voiture cette fois, vu que sa dernière escapade sur la colline avait failli la tuer. Alors qu'elle commençait à s'impatienter devant la grande bâtisse de pierre, d'où personne ne sortait pour la saluer, elle fut interpelée par une voix qui venait de l'autre coté de la rue. 



Lorsqu'elle se retourna, elle vit un homme sur le pas de la porte de la maison d'en face.
- « Je peux vous aider ? Demanda-t-il en forçant un peu sur sa voix.
- « Je cherche monsieur Faivre, répondit-elle sur le même ton.
- « Lequel ?
- « Euh... François. »
Il lui fit alors signe de se rapprocher, lui même s'avançant également. Arrivé à sa hauteur, il lui tendit une main :
- « C'est lui-même. »
Léonor saisit la paume offerte, dont la chaleur trancha nettement avec le froid ambiant. Elle se présenta alors rapidement, et d'un sourire chaleureux, il l'invita à entrer.



Une fois à l'intérieur, il demanda :
- « Alors, que voulez-vous savoir ?
- «  Eh bien, commença la jeune femme en cherchant ses mots. Très franchement, je ne sais pas par où débuter. En fait, si je viens vous voir, c'est parce-que vous revenez souvent dans les conversations, notamment au sujet d'un projet concernant l'université qui semble vous lier de près au jeune Nyls. Pourriez-vous m'en dire un peu plus ? »
Le vieil homme fronça légèrement les sourcils, comme s'il réfléchissait :
- « Cela m'embête un peu je dois dire... C'est un projet qui ne fait pas du tout l'unanimité dans le Quartier, et qui doit pourtant être mis en place. Nos opposants sont bien trop influents pour prendre le risque de tout dévoiler à ce stade. Surtout que si vous êtes au courant, d'autres le sont, ce qui est très ennuyeux.
- « Mais c'est le projet de qui ? De Nyls ? Ou de vous ?
- « De Nyls. C'était sa thèse de fin d'études.
- « Et vous vous en occupez parce-queeee...
- « Parce-qu'il venait me consulter pour que je l'aide. Il savait que la plupart de ses proches tiqueraient sérieusement à l'annonce de son travail.
- « Et pas vous ? »
François sourit, avec affection :
- « C'est vrai que vous êtes toute nouvelle... Tout le monde se connait ici, ou plutôt, tout le monde a une réputation. Il savait donc que j'accepterais de l'aider.
- « Le sujet était-il suffisamment grave pour motiver une agression ?
- « Ça me paraît un peu disproportionné quand même... »
Léonor poussa un petit soupir.
- « Qu'y-a-t-il ?
- « Rien, j'aurais bien aimé que vous me répondiez que si et que vous aviez même une petite idée sur son auteur, mais bon... Vous qui avez passé du temps avec lui, pensez-vous qu'il aurait pu mettre fin à ses jours ?
- « Je suis mal placé pour avoir un avis sur la question... La jeunesse d'aujourd'hui est si difficile à cerner ! »



Voyant que son interlocuteur lui donnait des réponses qui n'en étaient pas, Léonor s'agaça un peu :
- « Alors ça, c'est quand même dingue. Le futur héritier, que tout le monde appréciait, disparaît, et personne ne sait rien, et pire, personne ne cancane ! C'est la première fois de ma vie que je vois ça. A SimCity, je passais mes journées à vérifier mes informations, tant elles étaient nombreuses et arrangées selon les convenances de chacun. Ici, c'est tout le monde est beau et gentil ! Mais ça n'existe pas ! Il y a un mort, donc il y a un méchant. Ou une personne ravagée par la tristesse. Seulement, Nyls avait l'air beaucoup trop engagé dans son projet de fin d'études pour laisser tomber. Il ne reste donc qu'une solution ! Et ne me dites pas comme Simplet Vasseur que personne ne serait capable de ça. Je viens de vous prouver le contraire. Je vous écoute. »
Le vieil homme la fixa droit dans les yeux, et Léonor cru apercevoir un rire dans son regard.





Puis, comme n'y tenant plus, il éclata de rire.
- « Simplet Vasseur ! Répéta-t-il. Simplet Vasseur !
- « Mais c'est pas drôle... Se lamenta Léonor.
- « Oh que si, continua-t-il en ayant du mal à s'en remettre. Parce-que c'est tellement vrai ! Nan mais... C'est parce-que ça me fait penser à son père qui est désolé d'avoir un fils comme ça...
- « Ah bah il peut parler celui-là ! Je l'ai quand même retrouvé une nuit dans mon salon en train de jongler ! »
François écarquilla alors les yeux, et repartit de plus belle dans son fou rire. Cette fois Léonor ne pu réprimer un sourire. Après avoir pouffé, elle tenta un :
- « S'il vous plait... » Qui fut quand même entendu.
- « Oui... Pardonnez-moi. C'est juste qu'ils font vraiment la paire tous les deux... Hum... Vous disiez ?
- « Je disais... Hum... Oui! Je disais que comme c'est l'héritier il y a au moins une personne qui serait susceptible d'être à l'origine de sa disparition : celui qui le remplacera. Seulement, j'ai un mal fou à m'y retrouver ! Et puis la famille Plaines n'arrange rien...
- « Comment ça ?
- « Eh bien je voulais consulter la généalogie du quartier, mais il a refusé. Mais pourquoi donc ? Ont-ils des choses à se reprocher ? Et puis pourquoi Irène d'Atlantys ne possède pas son exemplaire ?
- « Parce-que ce sont eux qui depuis la nuit des temps gèrent le patrimoine de chaque famille. Ce sont eux qui, à chaque naissance, remplissent les différents papiers. Et puis ils le font parce-que personne d'autre ne s'en est jamais occupé...
- « Et pourtant je me rappelle qu'on m'a dit que tout le monde regardait ses ascendants pour savoir s'ils avaient une chance de prendre la tête du Quartier. Ils ont bien un exemplaire eux !
- « Oui, mais n'oubliez pas que c'est la première fois que cela se passe. Avant, c'était le fils d'Atlantys, de la branche principale, qui était désigné d'office. Mais là... Et ils ont tous leur exemplaire - tronqué cependant - parce-que Romin ne peut pas le refuser à ses amis. Amis qui lui ont demandé de ne rien vous communiquer, par peur de ce que vous pourriez découvrir...
- « Ben voyons...
- « Mais... Ajouta-t-il avec un sourire malicieux. »



Il tourna alors les talons, avant de lui indiquer de le suivre. Ils montèrent à l'étage par l'escalier qui se trouvait sur leur gauche, et Léonor patienta en haut des marches tandis que François se dirigeait vers une bibliothèque. Après un petit moment, il en sortit un livre, qu'il lui tendit avec un petit sourire :
- « Voilà de quoi occuper vos prochaines soirées. »
Elle l'ouvrit, et à sa grande stupéfaction, y découvrit une multitude de noms reliés par des traits.
- « Mais c'est...
- « Toute l'histoire de notre Quartier.
- « Mais comment...
- « Nous sommes une vieille famille, et mes ancêtres ont beaucoup fait pour Atlantys. D'où quelques avantages que nous essayons de partager. »
Léonor feuilleta le livre pendant quelques secondes, puis dit :
- « Dites... Vous qui avez l'air d'en savoir beaucoup sur l'histoire d'Atlantys, qu'est-ce-qu'il s'est passé avec le père de Nyls ? Et pourquoi sa mère est partie ?
- « Ca vous ennuie si on s'assoit ? Proposa-t-il en souriant, toujours affectueusement. »




Une fois confortablement installés et après un petit soupir traduisant sa réflexion, le vieil homme commença :
- « A la naissance de Nyls, tout allait pour le mieux, exactement comme pour les générations précédentes. Et puis il y a eu cet accident. Nyls n'était pas bien grand. Il devait avoir 8 ans, quelque chose comme ça. Il y a eu un incendie au Domaine, et Antonys, son père, a été pris dans les flammes. Seule Carole a assisté à la scène, et je crois bien qu'elle ne s'en est jamais remise...
- « Carole ?
- « Sa femme. La mère de Nyls. »



- « Elle assisté à la mort de son mari ? Pas étonnant qu'elle n'ait pu rester dans cette maison... C'est vraiment horrible...
- « C'est sûr... Surtout qu'elle a essayé, mais elle était sur le point de devenir folle. Je pense que c'est pour cela qu'elle est partie.
- « Pauvre gamin...
- « Oui... Et puis Irène n'allait pas bien non plus. Prys a donc pris le petit chez elle quelques temps, mais Nyls ne voulait pas laisser sa grand-mère toute seule. Il est donc rentré, pour « consoler Grand-Mère ». Je me souviens encore de ses mots. Cet enfant était incroyable.
- « Et on connaît la cause de l'incendie ?
- « C'était
 un problème électrique. C'est pour cela que nous avions déménagé. Nos vieilles maisons familiales sont trop coûteuses à entretenir."
Léonor pensa immédiatement à la famille Vasseur.
- "Il y a eu d'autres incidents liés à la vétusté des maisons ?
- "Des fuites, principalement. Des pannes aussi. Mais ce qui s'est passé au Domaine d'Atlantys était d'une toute autre ampleur...
- "La famille Vasseur est restée dans sa maison... Remarqua Léonor en fronçant les sourcils. Vous savez s'ils se sont occupé des travaux ?"
François haussa les épaules : 
- "Non pourquoi ? Peut-être... je ne m'en souviens pas...
- "Et le Domaine des Rivières ? Il est ancien, non ?
- "Oui, mais je sais que dans sa conception, il était plus moderne. Et puis je sais aussi qu'ils font régulièrement des travaux.
- "Hum..."
Léonor garda quelques instants le silence, avant de reprendre le fil de la conversation :
- « Et Carole d'Atlantys n'a pas tenté de garder le contact avec son fils ?
- « Pas que je sache.
- « Savez-vous où elle est partie ?
- « Non. Personne n'a cherché à vrai dire. Beaucoup l'ont condamnée pour avoir quitté Atlantys et fuit ses responsabilités. En ce qui me concerne, j'ai simplement respecté son choix. »
Léonor attrapa le livre de généalogie qu'elle avait posé sur la table basse avant de s’asseoir, et en caressa la couverture.

Ça fait beaucoup d' « incidents » quand même...

Sur ces pensées, elle ajouta :
- « Eh bien je vais potasser tout ça...
- « Gardez-le aussi longtemps que vous voulez. Et si vous avez des questions, n'hésitez pas.
- « Merci beaucoup monsieur Faivre. Vraiment. »




Elle se leva alors, et arrivée devant la porte, une autre question lui vint à l'esprit :
- « Et monsieur Ladopthé dans tout ça ?
- « Il a été appelé quelques jours après pour s'occuper du Quartier jusqu'à la majorité de Nyls.
- « Mais du coup, est-il possible qu'il reste en fonction ?
- « Je ne pense pas. C'est Irène qui doit prendre la décision, et ni elle, ni la rive droite n'accepteront une gérance définitive par un étranger.
- « Et il le sait ?
- « Oh, il doit s'en douter... »
Sur ces paroles, et après l'avoir remercié une nouvelle fois, elle prit congé.
En posant le livre sur le siège passager, son regard s'attarda dessus. Puis, avec un petit sourire satisfait, elle enclencha la marche arrière : enfin, elle allait pouvoir comprendre les différents liens qui unissaient les familles d'Atlantys.



En rentrant chez elle, la première chose qu'elle fit fut de préparer 2 bols de bouillie : un pour Louis, et un pour elle. En effet, Ryan attendait son retour pour aller au Domaine des Rivières et n'avait mangé qu'une boisson protéinée. Or ce n'était un secret pour personne que Léonor avait plein de qualités, exceptée celle de cuisinière. Alors perdre du temps pour se retrouver avec des pâtes trop cuites : non merci.
Après avoir ingurgité le contenu de son bol et avoir mis son fils au lit pour sa sieste, elle entreprit la lecture de l'ouvrage aimablement prêté par François Faivre. Lorsqu'elle attrapa le livre, elle en fixa à nouveau la couverture. Celle-ci représentait un dragon. Si ces souvenirs étaient exacts, il lui semblait que c'était une reproduction des étendards placés de chaque coté de la porte d'entrée, mais également dans le salon du Domaine Faivre. Cela n'était pas sans lui rappeler ceux du Domaine d'Atlantys, qui eux représentaient un lion. Très clairement, les deux familles étaient rivales, et elle fut soudainement très curieuse de savoir depuis quand et dans quelles circonstances leurs intérêts étaient entrés en conflit.
Quelques heures plus tard, Léonor était plus agacée qu'instruite : il y en avait partout. Des Atlantys, des Faivre, des Plaines, des Auger, des Munrow... Autant de noms que d'inconnus. Elle tenta à plusieurs reprises de se projeter mentalement des arbres simplifiés, mais il y avait toujours un Jonathan ou un Steven pour lui compliquer la tâche ; ce qui l'obligeait, comme pour les moutons, à repartir de zéro.
Les yeux fatigués et à bout de patience, elle finit par basculer la tête en arrière et s'octroya quelques minutes de pause. Peine perdue. A peine avait-elle baissé les paupières que la sonnerie de son téléphone portable la fit sursauter.



Comme pour achever de la mettre de mauvaise humeur, il s'agissait de Victorien Vasseur qui lui donnait rendez-vous au centre de Loisirs de la zone commerciale, à 21h30 ce soir là. Inutile de vous dire que l'objet du rendez-vous ne pouvait pas être énoncé au téléphone, mais qu'il était d'une importance CA-PI-TALE.
- « Tu vas voir qu'il va m'emmener faire du patin à glace et manger des pop-corns... Avait-elle dit à Ryan en lui posant un bisou sur le front avant de partir.
- « Tu m'en ramènes ? » Avait-il ajouté, taquin.




La jeune femme avait cru défaillir. Certes ce n'était pas du patin à glace, et ils ne mangeaient pas de pop-corn – bien que la soirée ne fut pas finie – mais elle n'en revint pas d'avoir envisagé de le prendre au sérieux. Il était là, au milieu de la piste d'un centre de loisir de la zone commerciale d'Atlantys, en train de faire les yeux doux à une femme qui aurait pu être sa fille. Interdite, elle ne le fut qu'un instant. Car il ne fallut que quelques secondes à son sang pour faire un tour :
- «  Victorien, siffla-t-elle entre ses dents, si vous ne ramenez pas tout de suite vos fesses, je vous jure que vous allez le regretter.
- « Mais Léonor ! On vient juste d'arriver ! Et puis... » Il s'approcha un peu et dit sur le ton de la confidence : « Et puis je crois que j'ai une touche ! »
La jeune femme fit un mouvement pour l'attraper par le col, mais Victorien fit un écart et se remit à patiner avec entrain.
Voyant qu'il ne revenait toujours pas au bout de quelques tours, Léonor décida de le laisser là et de rentrer chez elle. Le vieil homme s'en aperçu, et se précipita aussitôt vers la rambarde :
- « Eh ! Mais où allez-vous ?
- « Je rentre chez moi, répondit-elle sèchement sans se retourner.
- « Mais vous pouvez pas me laisser ici tout seul !
- « Demandez à votre copine, là.
- « Attendez ! Si vous patinez un peu avec moi, je vous promets d'être sage. »
Les épaules de la jeune femme s'affaissèrent. Elle se retourna et dit :
- «  Vous n'êtes plus un enfant.
- « S'il vous plaît... Insista-t-il. »
Léonor leva les yeux au ciel et se dirigea vers le comptoir pour louer des patins.



Une fois qu'elle fut sur la piste, Victorien la rejoignit.
- « Vous vous débrouillez bien dites-moi !
- « Je suis plus à l'aise sur de la glace, mais bon...
- « Ça m'arrange. Ne vous inquiétez pas, y'en a plus pour très longtemps. »
Sans chercher à comprendre le sens de ses paroles, Léonor entreprit de faire quelques tours.
Au bout d'une dizaine de minutes, elle fut surprise par le vieil homme qui tournoya en un geste aisé autour d'elle pour lui faire face. Il l'attrapa ensuite par les poignets et lui fit décrire de petits arcs de cercles. Il semblait changé, plus sérieux. Il fit alors glisser ses paumes le long de ses mains, ce qui fit rougir Léonor.
- « Mais enfin, monsieur Vasse... commença-t-elle gênée.
- « Ssshhhh. »
Le ton était calme, mais autoritaire. Alors qu'elle tentait de se défaire de son emprise, Victorien resserra sa poigne, avec une vigueur étonnante, et continua de tournoyer doucement.
- « Quand je vous le dirai, vous regarderez par dessus mon épaule : il y a une belle rousse qui va descendre les marches. C'est Véra Harflaural. S'il y a une personne avec qui il vous faut être, c'est elle. Elle fricote avec beaucoup de REDS depuis de nombreuses années, et vous savez ce qu'on dit des confidences sur l'oreiller... »



Un demi-tour la fit se placer face à l'entrée. En effet, une rousse peu frileuse venait de faire son apparition, entraînant avec elle tous les regards, masculins comme féminins.
- « Cette fille est connue comme le loup blanc, continua l'aîné. Tout le monde sait qu'elle a côtoyé ou cotoie des hommes influents, et cela lui vaut 2 types de réputation : c'est une minette convoitée par les hommes, et c'est la bête noire des femmes.
- « Et on connaît ses partenaires ?
- « Vous pensez bien que non, sinon ça ferait longtemps qu'il y aurait eu un contrat sur elle. Mais à mon avis, Plènozas en fait partie. »
La jeune femme haussa les sourcils :
- « Un contrat... Y'a des contrats ici ? Au royaume des Bisimours ?
- « Oui.
- « Mais...
- « La voilà. Vous êtes prête ?
- « A quoi ? »
La lueur dans les yeux de Victorien ne lui plu guère, ni le petit sourire qui venait d'apparaître au coin de ses lèvres. Sans qu'elle n'ait eu le temps de réagir, il la fit pivoter rapidement sur elle-même, lui lâcha les mains et la projeta en avant.



Sans comprendre ce qu'il se passait, elle tenta tant bien que mal de garder son équilibre. Alors qu'elle se félicitait d'avoir réussi et arborait un petit sourire satisfait, elle ne vit pas arriver Véra Harflaural qui la percuta de plein fouet.
Sonnée dans les premières secondes, elle reprit rapidement ses esprits et apporta son aide à la femme qui gisait sous elle :
- « Je suis désolée ! Je...
- « Je ne peux pas vous en vouloir... Répondit la victime en souriant. Je sais ce que c'est les pots de colle ! »
Léonor était stupéfaite. Elle qui pensait que tout le monde avait vu qu'il l'avait poussée, se rendait compte qu'en fait, la manœuvre avait été discrète.
- « Il n'a pas arrêté de faire des allusions grossières depuis que je suis arrivée... Je ne sais plus quoi faire... Rebondit-elle alors.
- « Ne lui en voulez pas, il n'a plus toute sa tête. Il ne devrait même pas être là. Je me demande toujours comment il fait pour arriver jusqu'ici... répondit son interlocutrice en l'attirant vers la sortie de la piste.
- « C'est vrai qu'une personne de son âge...
- « Oh, ce n'est pas tellement ça... C'est surtout qu'il est imprévisible et qu'il est sensé être sous bonne garde... » Puis, plissant les yeux : « Vous êtes nouvelle, non ?
- « Oui, je viens d'arriver.
- « Bah bienvenue alors ! Je m'appelle Véra. Passez me voir aux « Chrysantems d'Harflaural » dans la rue des fleurs à Atlantys. On discutera, je pourrai vous parler un peu de notre Quartier. Je le ferai bien maintenant, mais je suis attendue » dit-elle en indiquant un homme debout contre la rambarde qui regardait dans leur direction.
- « Très bien, je n'y manquerai pas.»
Véra lui répondit par un clin d’œil et rejoignit son rendez-vous.

Facile... 

Pensa Léonor un sourire en coin avant de se rappeler les termes "sous bonne garde".



Sa mission accomplie, elle rendit ses patins et rejoignit Victorien à la sortie. Ils montèrent ensemble en voiture.
- « Alors ?
- « Le contact est établi. »
Puis, adossée à la porte de manière à lui faire face et tentant de réprimer son amusement, elle demanda :
- « Vous ne pouviez pas me dire tout de suite ce que vous aviez l'intention de faire ?
- « Ça aurait été moins drôle !
- « Mais enfin ce n'est pas un jeu !
- « A mon âge, si. Parce-que sinon, je m’ennuie. Et j'aime pas m'ennuyer.
- « Alors pourquoi ne pas avoir postulé comme partenaire ? Vous êtes un homme, vous êtes de la rive droite, vous êtes riche... Ah ! Laissez-moi deviner... Elle a refusé..., le taquina-t-elle.
- « Pas du tout. J'aime ma femme. C'est tout. J'ai des limites voyez-vous.
- « Heureuse de l'apprendre !
- « Ah au fait, tenez. »
Il venait de lui tendre un petit disque dur externe.
- « Il y a un logiciel qui va configurer un VPN vers nos ordinateurs. Nous avons mis les téléphones des Plènozas et d'Atlantys-des Rivières sur écoute. Pour écouter les enregistrements, il vous suffit d'installer les logiciels fournis. Y'a une icône qui va s'installer sur votre bureau, que vous pourrez enlever si vous voulez. Mais vous verrez, c'est très discret."
Le disque dans les mains, elle le fixa avec un demi-sourire avant de répondre :
- « Alors c'était pas du flan...
- « Mais ça fait dix ans que je vous le dis ! Bon j'sais pas si vous le méritez, vu que vous mettez mon charme en doute mais bon... »
Il se tourna alors vers la banquette arrière. Puis, se retournant :
- « J'vous ai pris des pop-corns. »

4 commentaires:

  1. On peut avoir des popcorns aussi pour patienter jusqu'à la suite ?
    Finalement, il a pas l'air si sain d'esprit que ça le petit vieux. À voir dans le futur. Il me reste une question importante ! Est-ce qu'ils l'ont mise sur écoute pour savoir que Ryan voulait du popcorn ?

    Et si je peux me permettre, ils ont un super wifi à Atlantys... :p

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    1. lol

      Ils ont installé des relais :-p

      Mais en fait je vois pas pourquoi je l'ai laissé ça apporte rien... :-)

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  2. Haha, j'adore le vieux Victorien ! :D Malin comme un singe, mais comme on dit c'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire la grimace !
    Et la bimbo rousse qui sort de nulle part... Sans parler du fait que nous n'avons pas encore vu la fameuse Kérine... Tant de mystèèèèères !

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