jeudi 2 octobre 2014

0.13









A ces mots, le cœur de Daniel avait frappé fort contre sa poitrine.



Comment était-ce possible ? Silvia était morte. 
Donc qui était-elle ? Pourquoi son père cachait une gamine qui leur ressemblait à ce point et qui disait porter le nom de sa petite sœur défunte ? Rien n'avait de sens. Tout ceci n'était qu'un cauchemar, et il allait se réveiller.

- « Il m'avait dit que tu viendrais." Dit doucement l'enfant.
- « Qui ça ?
- « Papa. »




Elle se traîna alors à l’extérieur et ferma la porte derrière elle.
Daniel serra fort à la fois poings et paupières. Il allait se réveiller. Il le fallait.

- « Qu'est-ce-que tu fais ? »



Encore un petit effort...

- « T'as mal ? »

Il ouvrit alors un œil, et constata qu'il était toujours là. Poussant un soupir, il répondit :

- « Non. »



- « Je ne comprends pas... Silvia, si c'est bien ton prénom... Depuis quand es-tu avec... "Papa" ?
- « Je ne sais pas trop... Plusieurs mois je crois.
- « D'où tu viens ?
- « … Je ne sais pas trop non plus. J'ai grandi avec les autres, au centre, et un jour ils sont venus me chercher. Et Papa m'a pris avec lui.
- « Tu l'as reconnu ?
- « Non.
- « Comment tu sais que c'est ton père alors ?
- « Beh il me l'a dit.
- « Mais ça ne suffit pas Silvia ! »

L'adolescent serra les mâchoires pour se forcer à rester calme et à ne pas l'agresser.
Comment une petite fille de 8 ans – à peu près – élevée dans un centre... 

C'est quoi un "centre" ?

- « Quel genre de centre c'était ?
- « Je ne sais pas.
- « Qu'est-ce-que vous y faisiez, avec les autres ?
- « On allait en classe, on faisait de la gym, on mangeait, on dormait, on jouait, et y'avait les piqûres.
- « Des piqûres ?
- « Oui.
- « Pourquoi faire ?
- « Je sais pas. »



- « Il y a bien quelque chose que tu dois savoir !
- « J'ai 8 ans, j'aime les brownies, j'aime pas la salade et je suis forte en maths. »
    A l'évocation des brownies, le jeune homme eut une pensée pour Anjana. 

    Anjana. Le gâteau... L'anniversaire.

    Il regarda l'heure : 15h00. Ce serait juste, mais il pouvait y arriver.



    - « Ecoute... Je vais devoir m'en aller. Tu sais quand rentre... "Papa" ?
    - " Non...
    - " Tu es toute seule ?
    - « Oui.
    - « Ca arrive souvent ?
    - « Oui.
    - « Mais... Tu n'as pas peur, toute seule ?
    - « Siiiiiiiiiii... J'ai jamais été toute seule... Y'avait toujours les autres avec moi. Tu veux pas rester le temps que Papa rentre ? »



    L'espace d'un instant, il pensa l'amener avec lui. Mais comment allait-il expliquer sa présence ? Elle ressemblait tellement à Nadia qu'il était évident qu'ils étaient de la même famille, malgré ses réticences à l'admettre. Comment justifier cela ? Il n'en savait rien lui-même ! Et si son père débarquait chez les Calcuta dans l'état dans lequel il était ?
    Par peur de cette éventualité, il préféra attendre son retour avec la petite Silvia .

    Pourvu qu'il ne tarde pas et... Qu'on en finisse.




    ***





    Anjana regarda la pendule pour la troisième fois en quelques minutes. 17H05. Une heure et cinq minutes de retard. Cela ne lui ressemblait pas du tout.
    Elle serra ses poings sur le tissu de sa robe. Elle était très inquiète.

    De son coté, Nadia ne quittait pas non plus l'horloge des yeux. Elle avait tellement hâte qu'il arrive !



    Tellement hâte de lui montrer sa nouvelle tenue ! Elle était sûre que ça lui ferait plaisir de la voir habillée comme une fille et avec les cheveux lâchés.



    Mais pourquoi n'arrivait-il donc pas ?




    ***




    1 heure plus tard.



    Le programme diffusant la compétition touchait à sa fin. Tout le monde était très mal à l'aise. Chacun avait tenté de joindre l'adolescent, sans succès. Personne ne comprenait.
    La petite Justine avait terminé sa dernière sieste de la journée et il fallait maintenant s'en occuper.



    Lin vérifiait frénétiquement son portable, et sursautait dès qu'il vibrait , espérant que ce soit Daniel qui donnait des nouvelles. Mais il s'agissait à chaque fois de son père qui lui demandait expressément de rentrer.
    Cette journée était pire que prévue. Non seulement elle n'avait pas vu son petit ami, mais en plus elle était passée à côté d'un entretien très important pour sa future carrière.
    Les mains moites et la gorge serrée, elle était terrorisée à l'idée de rentrer chez elle.



    Nitish quant à lui fixait également son écran, et à cette heure-ci, il hésitait à appeler la police. Mais sa raison lui rappelait instantanément ce qu'on allait lui dire : « Un adolescent, ça fugue. Rappelez-nous dans 48h. »
    Il avait rarement été aussi angoissé.







    4 commentaires:

    1. Rohlala comment tu fais durer le suspense ! :O
      Et maintenant, non seulement je suis déjà en train d’échafauder des théories bancales à propos de Silvia, mais en plus je m'inquiète pour Daniel :P

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    2. Bourdel!!!!!

      J'arrive au moment où il ne faut pas xD
      *Comment être avide de connaître la suite*

      En tout cas je viens de tout lire et personnellement je te tire mon chapeau! Bravo, magnifique et tout ce que j'aime dans l'écriture :)
      *Tu veux bien être ma prof?*

      Bon allez, je vais parler ouech-ouech! Comment je kiff ton histoire! Elle en jette grave grosse! (Petit délire du soir, faut pas s'arrêter la dessus hein!)

      Signé Anonymous... Ah ah! En fait c'est Elfydrell ^-^

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      1. Coucou Elfydrell ! Eh bien je suis ravie que ça te plaise ! :-D

        Je n'ai pas grand chose à t'apprendre, tu as ton propre univers qui est très riche déjà !

        Merci beaucoup pour tous ces compliments :-D

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