0.7









- « A quoi bon faire du sport ? Tu comptes faire une carrière sportive ? Avec tous ces benêts qui courent après un ballon comme des animaux ? Il suffit bien que tu fasses tes expériences avec ton père, en te désintéressant complètement des arts, crois-moi ! Tes mains sont certes moins importantes que si tu étais musicienne, mais j'imagine que pour manipuler des éprouvettes, tu en as besoin ! Donc que je ne te vois pas taper comme une écervelée dans ces gros sacs de sable ! Et Bla bla bla.... Alors ça, c'est la version de la semaine dernière, quand on revenait de la bibliothèque avec mes parents et qu'on est passé devant la salle de sport. J'avais juste eu le malheur de dire que j'étais impressionnée par la facilité avec laquelle une fille faisait valdinguer le punching ball. C'est tout ! Sauf que maintenant, ben... J'ai envie de frapper dedans pour voir ce que ça fait... »

Un grand sourire malicieux éclaira le visage de l'adolescente : 

- « Tu veux bien me montrer alors ? »



- « C'est que... J'ai pas envie d'avoir des problèmes avec ta mère... Si tu reviens d'ici avec une entorse, j'ai bien peur que...
- « Mais non mais non ! Je vais faire attention ! Allez ! Montre moi !
- « Bon... »



- « Tu fais attention, hein ! La surface est dure quand même... Et c'est lourd...
- « Rooooooo mais c'est bon ! »



- « Alors tout d'abord, tu te mets bien en appui sur tes pieds, en fléchissant les genoux, et surtout il ne faut pas être figée. Il faut être souple. Ensuite tu serres bien les poings, et il faut  les garder dans l'axe de ton avant-bras, les poignets bien fixes. Quand tu vas donner les coups, veille à ce que ton haut du corps suive ton bras et en faisant pivoter ton bassin. Fais attention aussi à... Pourquoi tu fais cette tête ? »



- « Je peux pas juste donner un coup de poing ?
- « Le problème c'est que si tu le fais mal, tu peux te blesser... Bon après, si tu fais doucement... »



- « Bon j'ai changé d'avis... Tu m'as fait peur avec tout ça... Je vais peut-être pas devenir une grande violoniste, mais il faut que je passe le concours d'entrée à OazTech et avec une main dans le plâtre, je risque d'être ralentie. Et pas question de prendre le risque de terminer 2ème ! Y'a peut-être une activité moins... risquée... ?
- « Tu veux que je te montre comment on fait un meuble ? Je peux te faire une sculpture si tu veux...
- « Ah non mais moi je veux participer !
- « Beh je te montrerai et tu pourras faire...
- « Au risque de me couper un doigt ? Non merci ! Une autre idée ?
- « On peut aller dans la piscine si tu veux...
- « Et si je glisse et que je me cogne la tête par terre ? Cherche encore !
- « Eh bien... Tu aimes jardiner ? Anjana voulait que je l'aide un peu... Je pourrais peut-être...
- « Je suis allergique au pollen !
- « Ah bon ? »



- « Nan mais... Vu qu'on est que tous les deux... On pourrait peut-être se mettre à l'abri des regards... Tu sais que les ragots vont vite par ici... »

La posture de Lin prit alors une toute autre envergure. Tout à coup, Daniel ressentit une vague de chaleur lui parcourir le dos. Tentant de masquer son trouble et de gagner du temps, il déclara :

- « C'est dommage que tu te sois mise en tenue de sport pour rien...
- « Ça m'étonnerait que ce soit pour rien... »






Comme pour appuyer ses propos, une brise légère vint doucement agiter quelques mèches dorées qui s'étaient échappées de son chignon. Mais ce qu'il remarqua surtout, ce fut la fine étoffe de sa tunique qui venait de se plaquer contre son buste, visiblement nu dessous, ne laissant plus grand chose à l'imagination du jeune homme. Le regard sûr et plein de tendresse de Lin balaya ses réserves et il lui offrit un sourire conquit. Il lui saisit alors la main, qu'il rencontra de prime abord fermée, signe d'une décontraction feinte, et leurs doigts s'entrelacèrent tandis qu'il l'attirait doucement à lui.





Elle s'arrêta à quelques millimètres de son torse et apposa un baiser tout à fait chaste vu de l'extérieur. De l'intérieur, il l'était beaucoup moins.




Elle effleura ensuite sa peau avec ses lèvres avant d'embrasser son cou.



Elle remonta de la même manière vers sa bouche, montrant une impatience grandissante.




Daniel, lui aussi, était prêt. C'était avec elle qu'il voulait partager ce moment unique dans une vie. Il l'aimait très fort. Elle était ce qui lui était arrivé de mieux dans sa vie. Tout était simple, avec Lin. Elle était belle, intelligente, bienveillante, drôle, joyeuse... Il en eu presque les larmes aux yeux lorsqu'il pensa à la chance qu'il avait de l'avoir rencontrée. S'il n'avait pas encore eu l'occasion de lui exprimer ses sentiments, il espérait que son cœur cognant violemment dans sa poitrine le faisait pour lui alors qu'il pressait son torse contre le sien.
Le rose aux joues et le souffle haletant, Lin s'écarta de quelques centimètres et lui murmura :

- « Tu me suis ? »


Il hocha très légèrement la tête et appliqua un autre baiser sur ses lèvres en guise de réponse.



 Je te suivrai n'importe où.



Des bruits étouffés parvenaient de la chambre au travers de la porte. Tout à coup, ceux-ci cessèrent, pour laisser la place à la voix émue d'une adolescente :

- « Daniel... Je t'aime. »

Un bruit de caresse se fit entendre, celui d'un baiser, puis :

- « Je t'aime aussi. Tu ne sais pas à quel point. »


En prononçant ses mots, le jeune homme sentit quelque chose se passer en lui. C'était subtile, mais il savait qu'une partie de lui commençait à guérir.







***








- « ON EST RENTRES !!!! 
- « Doucement Nadia... Ils ne sont pas sourds !
- « On est dans la cuisine. »



- « Ah oui ! C'est beaucoup plus simple les fonctions comme ça !
- « Et en plus tu gagnes un temps fou. Mais tu dois utiliser la méthode traditionnelle pour les démonstrations, parce-que celle-là n'est pas au programme. En revanche, ça te permet de vérifier le résultat beaucoup plus rapidement.
- « L'ambiance est sérieuse, ici ! Ah, vous avez trouvé le brownie. Très bien. Ça te plaît Lin ? Daniel m'a dit que tu aimais beaucoup le chocolat. »

Les deux adolescents échangèrent un regard complice, et elle répondit :

- « Oui Madame Calcuta. Ils sont délicieux.
- « Je te donnerai la recette si tu le souhaites. »


Ce fut quasiment impalpable, mais ils pouffèrent. 



Nadia s'installa en bout de table, et demanda, sceptique et les deux index pointés vers le sol :
- « Et vous êtes restés là, tout le temps ? A travailler ?
- « Oh bah quasiment, hein Lin ?
- « Parfaitement ! »



- « Et pourquoi tu t'es changé alors ? T'étais pas habillé comme ça tout à l'heure !
- « Parce-que Lin voulait que je lui montre comment taper le punching-ball.
- « Ah ! S'écria Anjana. Vous avez échangé les rôles alors ! Alors Lin ? C'est un bon professeur ? »



- « Je ne pouvais pas espérer mieux... »



- « Je te retourne le compliment. On recommence quand tu veux. »

Nadia remarqua alors que les deux s'étaient mis à rougir, chacun soutenant le regard de l'autre avec une drôle d'intensité.



Ça pue.









2 commentaires:

  1. Prof "d'activité physique", hein ? coquinous ;) Je les adore (et c'était chaud chaud :3 )

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  2. Voilà ^^

    C'est pour faire remonter le mercure ^^

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Merci ;)