Nadia 10.





Elle n'avait pas pu tenir plus longtemps. Elle éprouvait un désir qu'elle n'avait encore jamais éprouvé et tout chez lui l'appelait à se pendre à son cou et à le serrer très fort contre elle. Elle en avait besoin. Elle en crevait d'envie.




Ainsi, sans avoir pris le temps d'analyser ses sentiments, le contexte, les conséquences, elle avait senti sa poitrine se soulever, et, le temps d'un battement de cœur, ses chevilles l'aidant à parcourir les derniers centimètres qui les séparaient...



... Elle était sur ses lèvres.




L'instant de surprise passé, il posa une main sur son bassin...




Puis l'autre vint délacer son bras à elle d'autour de son cou.




Sans comprendre, elle se dégagea et repassa ses mains autour de lui, qui, avec une extrême douceur, continuait de la repousser.




Centimètre par centimètre, il l'éloignait, sans pour autant interrompre le baiser.




C'est pourquoi, quand le contact fut rompu pour de bon, la confusion était totale. Pourquoi sa bouche et ses mains n'envoyaient pas le même message ?
Il lui saisit les poignets avec délicatesse et colla son front au sien.




- « Tu ne me facilites vraiment pas la tâche... »


Nadia ne répondit pas. Elle n'avait rien à dire. Elle était sonnée, agitée à l'intérieur par un chaos sans nom.



- « Pardon... C'est moi... J'ai été trop loin. Sans m'en rendre compte, je t'ai envoyé le mauvais message. »

Le téléphone du jeune homme se mit à vibrer dans sa poche. Encore. Toujours. 




Le téléphone de Django se faisait rarement oublier. Semblant subitement las de ce constat, il l'attrapa rageusement et y lu quelque chose qui le fit changer d'expression.




Il passa de l'agacement à la résignation.

- « Pardon... vraiment pardon... je n'ai jamais voulu ça. Je... je dois y aller. »



La jeune fille ne disait toujours rien. Son expression brisa le cœur de l'adolescent.

- « Je...
- « Va-t-en. Réussit-elle à articuler.
- « Je...
- « Va-t-en. »

Elle leva les yeux vers lui, un sourire désabusé sur le visage :

- « Je dirais bien que j'ai l'habitude, mais moi-même je reconnais que ce serait être de mauvaise foi. Tu ne m'as rien promis, toi. Alors vas-y. Tu ne me dois rien. Je me suis trompée. Point. Va-t-en. »

Ne sachant quoi ajouter, il tourna les talons. 



Nadia ferma tout d'abord les yeux, ne voulant pas garder cette dernière image de lui. Puis elle les rouvrit, se forçant à constater : rien dans cette vie ne lui permettait de s'attacher. Alors elle brava sa détresse et maintint ses paupières ouvertes jusqu'au cliquetis de la poignée.

Une fois seule, elle se traîna jusqu'à son lit, se débarrassa de ses chaussures et se glissa lourdement sous les couvertures.


Elle avait suffisamment affiché sa vulnérabilité pour la journée, et, elle s'en fit la promesse, pour toute sa vie.






***





Django n'avait pas répondu au message qu'il venait de recevoir. Devant la maison des Vipères, il avait hésité. Longtemps. Mais il n'avait pas eu le courage. Il avait besoin d'être seul.
Malheureusement, le sort en avait décidé autrement.
Le bruit des clés dans la serrure sembla alerter sa mère qui se précipita à sa rencontre : 



- « Juliette est là. Elle avait l'air un peu perdue... Ton père l'a emmenée sur la terrasse pour discuter avec elle. »

Un coup d’œil par dessus l'épaule de Destinée lui confirma la nouvelle.




Il serra les dents. Ce n'était pas du tout ce qu'il avait prévu.

- « Fabien... Que se passe-t-il ? Elle dit ne pas avoir de tes nouvelles depuis des jours... Elle était inquiète ! »




- « Rooo pas de nouvelles... Je lui répondais quand même... »

L'expression de sa mère marqua sa surprise :

- « Tout va bien entre vous ?
- « Oui oui...
- « Fabien...
- « Mais oui j'te dis ! »

Destinée le fixa un instant avant de dire : 




- « Tu es un garçon honnête Fabien. Nous t'avons élevé comme ça. Quoi que tu fasses avec Juliette, sois digne. Allez, elle t'attend. »




Il lui obéit mais n'avait qu'une chose en tête, prendre ses jambes à son cou.
Lorsqu'il arriva sur la terrasse, il les trouva tous les deux en grande conversation sur le dernier match diffusé. Il savait que son père appréciait beaucoup Juliette, tant pour sa personnalité que pour ses talents athlétiques. Il aimait beaucoup l'entraîner et il prenait aussi sur son temps libre pour le faire.




Le regard lourd d'avertissement de son père ne lui échappa pas, mais il préféra se concentrer sur la jeune fille qui l'accueillit :

- « Salut étranger...
- « Bonsoir Juliette.
- « Bon, je vais vous laisser, il me semble que vous avez des choses à vous dire. »

Sur ces mots, Amiral se leva de sa chaise et pénétra dans la maison tandis que Fabien prenait place à coté de l'adolescente.
Une fois qu'ils furent seuls, elle commença :

- « Qu'est-ce-qu'il se passe Miko ? J'ai des raisons de m'inquiéter ?..."




- « Mais non pas du tout...
- « Alors c'est quoi ce silence radio de ces derniers jours ?
- « Je t'ai répondu !
- « Ne joue pas à ça avec moi. « Oui », « non », « je sais pas »... Ce ne sont pas des réponses.
- « J'étais occupé, c'est tout !
- « Occupé à quoi ?! Ce sont les vacances !
- « Je travaillais à la cafèt tu sais bien...
- « Miko... Tu travailles le matin...
- « Oui mais après je travaillais mes cours. »




- « Tu es premier de la classe. T'as pas autant de retard. »



- « Nan mais tu sais ce que c'est...
- « Non.
- « Mais si... Si je suis occupé et que je réponds pas tout de suite, après j'oublie. »

L'adolescente se leva sèchement de sa chaise.

- « Tu me prends vraiment pour une conne. »

Fabien s'interposa entre elle et la porte :

- « Attends ! »




- « ATTENDS QUOI ??!! Tes excuses bidons ?! Tu crois que tes petites escapades avec la Calcuta sont restées secrètes ?! Mais bon dieu Miko vous étiez tous les jours au parc !!! Vous auriez pu être plus discrets !!!
- « Ce n'est pas ce que tu crois. »



- « Ah ouais ? Eh ben pourtant ça y ressemble énormément. Tamara vous a vus et t'a même entendu complimenter Calcuta sur son physique ! Au jeu du lancé de fer. Ça te dit quelque chose ?!
- « C'était un jeu pour la déstabiliser ! Elle faisait pareil !
- « Oh mais c'est tout à fait rassurant ça ! Tu me prends POUR UNE GOURDE ???
- « Mais nan mais Juliette il n'y a rien entre elle et moi ! Rien ! Elle m'aidait juste pour mes devoirs, c'est tout !! Je commençais à perdre pied à cause de tous les entraînements et tu sais que je veux rentrer dans la meilleure fac de sport possible donc j'ai besoin d'un excellent dossier, d'accord ?! Elle m'aidait pour mes devoirs ! Mais après, tout le monde était rentré chez lui, toi la première, j'allais pas rester cloîtré chez moi une fois qu'elle ne me servait plus ! Mais il n'y a rien entre nous ! »

Les traits de la jeune fille se détendirent doucement.



- « Ok. Je te crois. »

Elle se jeta alors dans ses bras en se serrant contre lui :




- « Je suis tellement soulagée tu sais... Comme vous avez pas arrêté de vous voir pendant toutes les vacances, que j'étais pas là...
- « Oui mais non.
- « C'est de ma faute aussi. C'est vrai que je suis assez prise de mon coté, j'ai mes propres performances à travailler et c'est vrai que ça nous enlève du temps pour se retrouver. Je vais m'arranger. »




Le corps familier pressé contre son torse lui apporta un soulagement bienvenu. Mais alors qu'il plongeait la tête dans son cou...

Son cœur fit un bond dans sa poitrine.



Non... Il ne pouvait pas ressentir ça.





Il ne pouvait pas.













12 commentaires:

  1. ah oui, évidemment :/ Je n'avais pas compté sur la présence d'une Juliette dans la vie de Django. :/
    Pauvre Nadia, ce que je redoutais est donc advenu :(

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    1. Eh oui... Mais c'est pas moi, c'est le karma ! *grimace*

      Merci de ton passage ici :-D

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  2. La première image m'a faite fondre, mais on dirait bien que toute Juliette qu'il y ait, Django commence à bien l'aimer la p'tite Nadia :)
    Je trépigne de savoir comment tu vas tourner la suite :)

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  3. Hum... Il s'est donc servi d'elle ou bien tout ça va se retourner contre lui ?
    En tout cas, elle ne va pas s'en remettre si facilement, et j'ai peur qu'elle ne s'enferme encore plus que ce qu'elle était avant.
    Après ça, si elle déteste pas les hommes... Tout était si bien parti et paf! Tu nous casses le truc. Et quelques lignes plus tard, repaf! Seconde douche froide.
    Parce qu'après tout, la vie n'est jamais un long fleuve tranquille.
    Maintenant reste à savoir ce que lui va faire de tout ça !

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    1. La vie n'est pas un long fleuve tranquille, surtout pour Nadia... Le karma je vous dis ! :p

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  4. Je me disais, c'était trop tranquille, Nadia était trop heureuse, il fallait qu'elle se prenne encore un petit coup derrière l'oreille. Non mais c'est vrai après tout, elle n'a pas assez souffert cette gamine ! Il faut qu'elle en bave pour de vrai, jusque là c'était du pipi de chat tout ce qu'elle a vécu ! Alors hop, un petit chagrin d'amour vite fait bien fait, y'a rien de mieux pour la transformer définitivement en psychopathe tendance sociopathe. Et quand elle aura enfin décapité toute sa famille d'accueil et ses voisins à la tronçonneuse et qu'elle aura fait 3 fois le tour de la ville avec leurs têtes sur des piquets, on dira : "oups !" ?
    Sérieusement, GGO, je t'aime bien, tu le sais mais... TU N'AS PAS QUELQU'UN D'AUTRE A TORTURER, ESPÈCE DE VILAINE FILLE ???

    Ceci était un message d'avertissement de la SPN. Si la vie de Nadia ne s'arrange pas dans le prochain chapitre, on passera à l'acte. Et toi qui aime le rififi, tu seras servie.

    Cordialement, xD

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    1. C'est pas moi c'est le karma. ^^"

      Eh ben non. Et tu sais quoi, accroches-toi à ton fauteuil Noog, c'est pas fini ! XD

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  5. ah, enfin un peu de rififi ^^
    je savais bien que cela ne pouvait pas continuer comme cela ;) c'est écrit dans son karma à notre petite Nadia qu'elle peut pas être heureuse :p

    oui, je suis méchant ^^

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    1. c'est le karma qui est méchant :p

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    2. Oui, c'est vrai. Le karma. Rien à voir avec nous ^^

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