dimanche 11 décembre 2011

21.


3 mois plus tard.

Elle ne se souvenait pas de grand chose de l'accident et des jours qui avaient suivi. Elle se rappelait qu'elle avait pleuré, pourquoi elle avait pleuré, mais ensuite, c'était le trou noir. Son premier souvenir postérieur à cette nuit était le plafond blanc de l'hôpital d'Atlantys. 
Sans comprendre la situation, mais sans pour autant chercher à le faire, elle avait observé son environnement. Des fils, des machines, un chariot. Son regard était tombé sur ses bras, violets et tailladés, avec des traces de piqûres dans les plis des coudes, mais également au dos de ses mains. Une fois l'information intégrée qu'elle était à l’hôpital, son premier réflexe fut de remuer les orteils. Une sensation glaçante lui avait alors parcouru l'échine. Cependant, même paniquée, elle avait continué à envoyer la commande à ses pieds qui avaient finalement daigné bouger. Soulagée, elle avait lourdement laissé retomber sa tête qu'elle avait levée sans s'en rendre compte. Elle avait alors tourné la tête vers la gauche et avait vu Ryan au travers de la porte vitrée de sa chambre. Il discutait avec un médecin – Damien des Plaines lui semblait-il – et regardait par terre, l'air soucieux. Puis, comme si ses mouvements avaient attiré son attention, il avait regardé dans sa direction, et son visage avait pris une expression stupéfaite. Tous deux s'étaient alors précipités auprès d'elle, la bombardant de questions. Elle n'en comprenait aucune. En les voyant s'approcher, elle avait trouvé qu'elle ne voyait pas très bien. Par réflexe, elle avait voulu se frotter l'oeil droit, mais Ryan lui avait brusquement saisi la main. Apparemment, il ne fallait pas qu'elle y touche. Cependant, un de ses doigts avait rencontré du tissu. 
Au bout de quelques jours, sa compréhension s'était améliorée et elle avait écouté le récit de son aventure.
Suite à sa dispute avec Ryan, elle aurait lancé sa voiture contre les arbres. Heureusement, sa jeune collègue la suivait de près et avait alerté les secours. Sans elle, elle n'aurait probablement pas survécu. Elle apprit également qu'elle était restée quatre jours dans le coma mais que ses jours n'étaient plus en danger,  que l'avenir de son oeil droit était incertain, et que malheureusement, elle avait perdu le bébé. A cette dernière annonce, elle sentait bien qu'on attendait quelque chose d'elle mais elle ne réagit pas.
Quelques jours plus tard encore, elle avait finalement posé la question : quel bébé ?
Les infirmières s'étaient trouvées mortifiées. On avait alors fait venir le médecin qui lui avait expliqué qu'elle était enceinte, mais que le choc avait provoqué un hématome rétro-placentaire qui avait pris de l'ampleur heures après heures jusqu'à provoquer une hémorragie, puis une fausse couche. 

Bon...  Avait-elle pensé.

Encore une fois, le personnel médical sembla attendre une réaction, mais elle avait juste détourné la tête.
Les jours passaient, durant lesquels elle prenait ses cachets, allait à ses séances de rééducation, écoutait Ryan parler puis dormait.
Vint ensuite le jour où elle put quitter l'hôpital. Anaïs et Ryan l'aidaient à préparer ses affaires, quand elle demanda à son amie si elle pouvait l'héberger le temps qu'elle trouve un appartement. Anaïs et Ryan avaient échangé un regard stupéfait, tenté de la persuader de rentrer avec son mari et son fils, mais ils s'étaient trouvés face à un mur. Léonor n'avait pas l'intention de rentrer avec lui. Ryan, accablé, s'était adossé au mur et avait détourné les yeux pour en masquer les larmes. Raide comme un piquet, la jeune femme n'avait pas bougé, et avait même regardé son amie avec insistance, réitérant ainsi sa demande. Anaïs avait accepté, se disant que ce n'était que temporaire et qu'elle reviendrait vite à la raison.



L'avenir lui prouva qu'elle avait eu tort de penser cela. 
Au fil des semaines, une nouvelle routine s'était installée au sein de son foyer, Léonor gardant cependant obstinément le silence et semblant dépourvue de toute volonté.
Cela dit, ce n'était pas une malade difficile. Quand on lui disait de prendre ses cachets, elle le faisait. Quand on lui disait de manger ou de se doucher, bien que la jeune femme eut toujours l'impression de terminer l'un ou l'autre et ainsi de passer sa vie à table ou sous la douche, elle s'executait. Il ne fallait juste pas oublier, sans quoi ce nourrisson de 25 ans était capable d'oublier.
Elle en était donc là, trois mois plus tard, à attendre les instructions de son hôte :
- « Léonor, je vais au travail. Tu te douches ? Y'a une assiette avec du saumon pour toi dans le frigo. »
Anaïs n'attendit pas de réponse et partit en direction de sa voiture. 

Ainsi, Léonor ne parlait plus. Elle n'en voyait tout simplement plus l'utilité.



Elle n'avait rien à dire. 

Ryan avait été très présent, et semblait avoir tout oublié. Pas elle. Elle se souvenait de tout. Elle ne le méritait pas. Même pas sa pitié. Elle méritait d'être seule. C'étaient les médecins qui voulaient qu'elle soit accompagnée. Elle avait le choix entre Anaïs ou une chambre dans une unité psychiatrique. Elle avait trouvé cela exagéré.
Les mains sur les robinets, elle s'interrompit :

Pourquoi je me suis lavé les mains déjà ? Ah oui. Pour mettre la crème...



Elle attrapa alors le tube et son reflet dans le miroir accrocha son regard. Ce devait être la première fois qu'elle se regardait depuis la fois où on lui avait retiré les bandages. Elle approcha son visage de la vitre et redessina du bout de l'index les cicatrices qui lui balafraient le visage. C'était autrement moins traumatisant que ce que lui renvoyait son reflet d'alors. Anaïs lui disait qu'elle s'en sortait extrêmement bien, étant donné l'état de la voiture. On lui avait dit aussi qu'elle cicatrisait bien, et que dans quelque années, on ne verrait plus rien. A condition qu'elle bannisse les bains de soleil. Le fait qu'elle n'ait eu que des contusions tenait également du miracle, si on ne tenait pas compte de la commotion cérébrale qui avait failli la tuer, ni de l'autre victime de l'accident.
Autre fait nouveau, une question surgit dans son esprit : 

Est-ce-qu'il me trouvera encore jolie ?

Puis une autre :

Est-ce-que ça a encore une importance ?



En effet, elle avait refusé de voir Ryan depuis qu'elle était arrivée chez Anaïs. Si elle avait toléré sa présence à l'hôpital, c'est parce-qu'elle n'avait pas le choix. 
Rien qu'à l'idée qu'il la voit la rendait malade. C'était le seul sujet qui provoquait chez elle une réaction. Quand son nom était prononcé, elle prenait son regard le plus dur jusqu'à ce que son interlocuteur abandonne le sujet, et elle repartait ensuite dans son vide intérieur.



Une fois habillée, elle allait toujours dans la vieille caisse à jouet d'Alice où elle retrouvait avec nostalgie les mêmes petits jouets en bois que ceux de Louis. Elle n'avait pas revu ce dernier non plus, car elle craignait de lui faire peur. Anaïs lui disait que cela lui ferait pourtant du bien de revoir son fils, surtout maintenant que ses cicatrices s'estompaient, mais Léonor refusait catégoriquement, sans que personne ne sache pourquoi. Elle-même n'était pas bien sûre. 
Ensuite, elle allait généralement sur le canapé, laissant son esprit vagabonder. Ces derniers temps, il n'allait pas bien loin cela dit. On aurait pu dire qu'elle était en veille. Anaïs lui laissait souvent le journal ou des livres sur la table, mais c'était trop dur. Les lignes se mélangeaient, les caractères devenaient flous, et plus important, elle n'y voyait aucun intérêt.



A midi tapante, elle réchauffait le plat que lui avait préparé son amie, puis le dégustait, sans envie, sans plaisir, incapable d'en apprécier les saveurs. Malgré le fait qu'elle savait qu'Anaïs était très douée pour la cuisine, tous les aliments semblaient avoir le même goût.



Une fois son assiette terminée, elle allait s'installer sur le canapé où les efforts de la digestion la faisait s'assoupir.



Seulement ce jour-là, elle n'avait pas sommeil. Elle ressentit alors un sentiment nouveau depuis l'accident : l'ennui. 



Elle décida alors de prendre un des livres sur la cheminée. Ce ne fut pas facile, car comme elle le redoutait, son attention était perturbée. Un effet secondaire des anti-dépresseurs qu'elle prenait. 

Faut que j'arrête... Sinon je vais rester un mollusque jusqu'à la fin de ma vie.

Elle jeta un coup d’œil à l'heure du décodeur, et y lu « 12h45 ». Alice n'allait pas tarder, ce qui impliquait qu'elle allait lui faire prendre sa deuxième prise médicamenteuse de la journée. Et elle n'en voulait pas. 

Elle n'en voulait plus.






25 commentaires:

  1. Hé ben... Déjà le bébé ça ne m'étonne pas, un choc pareil il n'aurait jamais pu survivre. Après j'ai du mal à comprendre qu'elle refuse de voir Ryan, qui lui a pourtant pardonné, et surtout son fils qui est encore petit et qui doit avoir besoin d'elle... De la fierté mal placée, je trouve... Et oui, je suis toujours pro-Ryan :p
    J'ai vraiment hâte d'avoir la suite, n'attends pas trop avant de nous la poster, hein !!

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  2. Bon sur le coup, moi je comprend qu'elle refuse de voir Ryan. Après j'ai pas l'impression qu'on ait les mêmes raisons Leonor et moi.
    Ah la pauvre on souffre avec elle.
    Et le passage avec le bébé, trop dur.
    Bon au moins on sait qu'elle a décidé de se bouger !
    Du coup, je me demande si quelqu'un n'a pas provoqué son accident pour ralentir l'enquête !
    Et ses collègues, elles sont où d'ailleurs depuis tout ça !

    Bref, j'aime toujours autant ! La suite, la suite ! :)

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  3. Ouais mais toi Missing t'es trop dur avec le pauvre Ryan qui a tout sacrifié pour Leonor et qui encore une fois (genre la 32e, au moins) a décidé de passer l'éponge... Alors si elle le boude parce qu'elle l'a vu flirter avec une autre, c'est un peu l’hôpital qui se fout de la charité, là !
    Et d'ailleurs peut être que cette autre dont j'ai oublié le nom a été envoyée par Plénozas pour la faire craquer et renoncer...
    GGO ? On ne peut pas avoir le chapitre suivant tout de suite, s'il te plait ?

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    1. En même temps on voit difficilement Ryan lui dire : "bon tu vas à l'hotel pour te remettre, hein ? On après". lol

      Merci beaucoup Noog pour ton intérêt, et pour la suite, eh ben je sais pas encore ! ;-)

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  4. Merci tous les 2. <3

    Franchement je savais pas trop si vous alliez aimer ce chapitre qui est assez lent et qui fout un peu le bourdon... ^^

    Quant à Léonor, elle a encore beaucoup à découvrir sur elle-même. Donc j'ai encore beaucoup à raconter... ;-) J'espère que ça expliquera les choix qu'elle fait à vos yeux. :-)

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  5. @Noogatine Je serais à sa place, j'attendrais de me remettre de mon accident et une fois en état, j'organiserais une rencontre pour mettre discuter avec lui de tout ce qui c'est passé. Là c'est trop facile de faire comme si de rien n'était.
    Et je persiste à dire qu'il est aussi en faute.
    Chacun ses torts. Et la raison pour laquelle il est parti est mauvaise.
    Elle fait son boulot. Elle n'est pas obligé de tout lui dire.

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  6. Oui mais a priori il n'est pas parti que pour ça, ça a juste été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase... S'il n'y avait eu que ça, j'aurai été entièrement d'accord avec toi, mais a priori ils avaient déjà un lourd passif derrière et il a craqué.
    Qu'elle se remette de son accident avant de reprendre une vie "commune" je comprend, mais c'est surtout à leur enfant que je pense, lui il n'y est pour rien dans tout ça...

    GGO moi je dis, moins y'a d'action dans ton chapitre, plus y'en a dans les commentaires :D

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  7. J'adore. Allez y battez-vous, je vais chercher du pop corn. ^^

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  8. La pauvre, elle est dans un de ces états...dommage qu'il lui ait fallu voir son Ryan avec une autre pour comprendre ses erreurs passées...

    Comme Noog j'aime aussi beaucoup Ryan, mais je pense que c'est sa faute si la situation s'est envenimée, il n'avait qu'à exprimer ses désirs plus tôt au lieu de tout passer à Leo, c'est facile après.

    Pauvre petit Loulou :'(

    ah oui...j'ai pleuré...pour le petit bébé perdu :'(

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  9. Bande de chiffes molles :p

    On ne va pas se battre, on peut débattre sans se bastonner quand même... tu peux ranger le pop corn, désolée :p

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  10. @Noogatine Non mais il est bête Ryan, on y peut rien.
    Il a pas à reagir comme ça parce qu'elle fait son boulot. Un type est mort bon sang ! Et lui il est vexé parce qu'elle a mis sur écoute famille de sa starlette à deux sous chérie ?
    Non désolé, ça c'est pas pardonnable. Il peut lui reprocher le fait de rentrer tard, de ne pas s'occuper de leur fils... Mais ça non.
    C'est tellement nul comme excuse.

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  11. Il lui reproche peut être surtout de s'être servie de lui pour pouvoir enquêter sur cette famille qui, de plus, était sûrement sa dernière chance de faire carrière, et du coup il s'est senti trahi car utilisé par sa propre femme pour mener une enquête ?
    Je ne dirais pas qu'il est bête, juste au bout du rouleau après avoir passé tant d'années à se sacrifier pour elle, et déçu de voir qu'après tout ce qu'il a fait elle continue à n'en faire qu'à sa tête sans se soucier de savoir ce que ses actes pourraient avoir comme conséquence sur lui...
    Je ne pense pas que ce soit une simple excuse ou un caprice, juste un gros ras le bol général.
    Et puis elle, elle n'est pas blanche comme neige non plus dans cette histoire. Elle a quand même voulu cacher ses intentions à son mari, mais ne s'est pas gênée pour trahir le secret de son enquête pour faire enrager la Karine (et a commis une grosse erreur, en passant). Donc bon, le secret professionnel et le professionnalisme, c'est un peu à la tête du client, chez elle ;)

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    1. ah, ben je suis d'accord avec Noog aussi...^^

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  12. Youhou, j'adore l'action qu'il y a ici ;)

    sinon, pour en revenir à ce chapitre, ça me rassure qu'elle soit en vie et bien amochée. pour le bébé, c'était logique... une voiture contre des arbres suite à une perte de contrôle c'est mortel...

    Pour moi, Léonor ET Ryan ont des tords ;) maintenant à voir ce que GGO nous a prévu... assez rapidement j'espère ;)

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  13. Y a autant à lire dans le chapitre que dans les commentaires dites donc ! :O
    Bon, pour le début, ça m'a bien fait pensé à Kill Bill ! La blonde qui se réveille d'un coma de 4 jours (au lieu de 4 ans) à l'hôpital, qui essaye de faire bouger ses orteils, qui apprend qu'elle a perdu le bébé qu'elle portait...
    Sauf que niveau état d'esprit, c'est pas pareil. Ryan est revenu à ses côtés et lui a pardonné (j'avais raison :D), mais elle ne s'est pas pardonnée à elle-même, et ça, c'est dur...
    M'enfin visiblement, la niaque est de retour, et ça va barder à Atlantys ! :D

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  14. Crunch Crunch quand même ! C'est super de vous lire !

    Alors effectivement, Noog a parfaitement saisi ce que je voulais faire passer. MAIS ce qui est intéressant, c'est la lecture que chacun peut faire. Donc au final, même si en tant qu'auteur j'ai un parti pris et que je sais ce que j'ai voulu dire, personne n'a tort... Ce sont des points de vue différents. Et je trouve ça génial que vous les partagiez. *Aux anges*

    Python : alors effectivement, dans la vraie vie, les cicatrices n'auraient pas été si belles que ça au bout de 3 mois. Mais bon... On fait avec ce qu'on a. ^^ Donc il faut imaginer avec des cicatrices plus roses et boursouflées. Et je suis contente (ou inquiète ?) que tu sois content qu'elle soit amochée lol
    Et oui, de toute façon, c'est rarement que l'un ou que l'autre. Mais il peut y en avoir un avec les reins plus solides qui maintientt le bateau à flot... Jusqu'à un certain point...

    Ah mais t'as raison !!! :-o Mais en fait, il se trouve que j'ai essayé d'être crédible et de m'imaginer ce que je ferais en premier. Je pense que les orteils, c'est dans l'inconscient collectif... Et puis contrairement à Black Mamba, elle ne savait pas qu'elle était enceinte ! Ouf ! :-o lol

    Pour la niaque, la barde et tout ça... Euh... Vous verrez bien hein...

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  15. J'ai oublié : ma pauvre petite Saku... Et pourtant j'ai été sobre... :-(

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    1. T'inquiète ma GGO, je suis une petite nature trèèès sensible :)
      (je me suis consolée sur ma partie sims 4 ...mais j'ai quand même failli pleurer en refaisant Leo balafrée...oui, j'ai trouvé des CC de balafres ^^)

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  16. En relisant on se rend compte de tous ces petits cailloux du Petit Poucet que tu nous as laissés sur ce chemin :)

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  17. Ah tu vois Missing, c'est moi qui ai raison ! :p
    Plus sérieusement, GGO, tu nous as crée des personnages tellement complexes qu'il est impossible de prendre vraiment partie pour l'un ou pour l'autre, chacun a une grande part de responsabilité dans ce qui leur arrive. Mais surtout Leo, en fait. Mouhahahahaha !

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  18. Ça ce sont 2 très beaux compliments ! Merci les filles !

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    1. Mais à quel moment ils ont pigé qu'elle attendait un bébé Léo ? je suis larguée sur ce point, j'avoue...j'ai appris en même temps qu'elle moi...:/

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    2. Ben y'avait des indices... Les fringales, le mal de ventre, la fatigue... ;)

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    3. Je relirais tout encore une fois ^^

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